Baïnounk

Le BOREPAB et l’activisme Baïnounk

Histoire et activités du BOREPAB

En 1981, Augustin Coly fondait le Bureau d’Organisation, de Recherche, et d’Etude du Patrimoine Baïnounk (BOREPAB). Ce qui le motivait à créer une plateforme pour unir toutes les membres des différents groupes Baïnounk voulant promouvoir et maintenir les identités culturelles et linguistiques Baïnounk était l’exclusion des Baïnounk de la première procession officielle de carnaval à Ziguinchor en 1979. En 1980, une première journée d’étude qui avait pour thème “L’empire Baïnouck”, était organisée au Centre Régional culturel Africain de Ziguinchor. C’est lors de cette occasion qu’un appel était lancé aux Baïnounk de participer à la manifestation du carnaval de 1980, ce qui se faisait avec un grand succès l’année suivante, ainsi augmentant la visibilité de la culture Baïnounk. Après ce carnaval, certains Baïnounk voulant dépasser la voie du folklore ont emprunté le chemin de la recherche du patrimoine socioculturel en organisant une deuxième journée d’étude, cette fois-ci sur le thème “Réflexions sur l’empire baïnouck  pour des recherches approfondies de sa civilisation”. Depuis, le BOREPAB a assumé un rôle phare dans l’achèvement de la recognition officielle des langues baïnounk (avec les variantes principales gubëeher, gujaher et guñaamolo) en tant que langues nationales du Sénégal en 2005. Lors de leur codification, les langues baïnounk ont été dotées d’un orthographe utilisant les caractères de l’alphabet officiel du Sénégal.

DoBeS 3P coopère étroitement avec le BOREPAB et les autres représentants des communautés Baïnounk, et le BOREPAB a maintenant un chargé de liaison, Ansou Diendiame de Ziguinchor.

Activités du BOREPAB © BOREPAB, Cheikh Daouda Diatta et Friederike Lüpke 2008-11

Constitution et buts du BOREPAB

    DISPOSITIONS GENERALES
    1. IL est créé, par toutes les personnes qui adhèrent aux présente statuts, un Bureau d’Etudes, dénommé: BOREPAB (Bureau d’Organisation, de Recherches et d’Etudes sur le Patrimoine Baïnounk).
    2. Le bureau est régi par les dispositions du chapitre II Livre du C.O.C.C et du décret 760040 du 16 janvier 1976 du C.O.C.C, il est apolitique et laïque.
    3. Le siège du B.O.R.E.P.A.B est fixé à Dakar Sacré-Cœur, Rue 10×12.Il peut être transféré en tout autre lieu du territoire national.
    4. Cet organisme a la mission : 1. de contribuer à faire connaître l’histoire et la civilisation Baïnounk; 2. d’en susciter la réhabilitation, d’aider à la revalorisation et à la promotion de l’ensemble du patrimoine culturel Baïnounk; 3. de mettre à la disposition de tout chercheur, et de tout homme ou femme de bonne volonté désireux de participer, les documents nécessaires à leur formation.
    5. Le BOREPAB est composé de 1. membres actifs ; 2. (membres sympathisants) ; 3. membres d’honneur. Peuvent être membres d’honneur, les personnes qui auront témoigné un intérêt marquant la recherche et la revalorisation de la civilisation Baïnounk. Peuvent être membres actifs des professeurs, des chercheurs, des étudiants, tous les intellectuels et conteurs de divers horizons.
STRUCTURE

 

  • Le BOREPAB est administré et fonctionne aux organes suivants : 1. La conférence qui tient lieu d’Assemblée générale ; 2. Le comité de Direction ; 3. Les Divisions.
  • La conférence est l’organe suprême du BOREPAB.
  • Le comité de direction administre le BOREPAB. Il est élu par la conférence pour la durée d’un an renouvelable. Il est composé: *D’un Président et de son Adjoint. *D’un Secrétaire général et de son Adjoint. *D’un Trésorier général et son Adjoint. *D’un Commissaire aux Compte.
  • Le BOREPAB comprend les divisions suivantes: *Division pour la recherche et la documentation. *Division Socio- éducative.
  • Les membres du BOREPAB sont groupés en Zones Géographiques au niveau national et en antennes en dehors du territoire national.
  • La qualité de membre du BOREPAB se perd : *Par démission. *Par radiation prononcée par le comité de Direction(le membre intéressé ayant été préalablement appelé à fournir des explications).
  • Les fonctions des membres sont gratuites.

 

Les langues baïnounk dans les média

Il y a plusieurs émissions radio dans les différentes langues Baïnounk. Malick Coly anime une émission en guñaamolo à la RTS de Dakar. Moussa Bala Coly présente, également en guñaamolo, à la RTS de Ziguinchor. Ansou Diendiame est responsable de l’émission hebdomadaire sur Zig FM, utilisant surtout le gujaher, mais avec des invités parlant les autres variantes baïnounk.

Les communautés Baïnounk et leur mode de vie

Dans les communautés rurales, l’année est rythmée par les activités agricoles – le désherbage des champs pendant la saison sèche, suivi par une période de détente, après laquelle on cultive les champs (juillet-octobre), et finalement la récolte. Des évènements sociaux importants sont les funérailles, les festivals saisonniers liés aux activités agricole (récolte, changement de saison), les cérémonies religieuses, les danses masquées (kumpo et kesengo), et toutes les activités relatives aux rites d’initiation élaborés.
Dans la diaspora, surtout à Ziguinchor et Dakar, la plupart des Baïnounk exercent les professions salariées.

Danse masquée (Niamone) © Friederike Lüpke 2008

A titre de religion, beaucoup de Baïnounk on adopté le catholicisme ou l’islam, tous deux des nouveaux arrivés dans la région, pendant que d’autres suivent « le sentier des ancêtres » Niamone et Agnack Petit sont dès nos jours presque exclusivement musulman, tandis qu’à Agnack Grand et Djibonker, le catholicisme prévaut. Dans toutes les communautés, des bois sacrés et lieux saints sont servis à divers degrés jusqu’à nos jours, et un certain syncrétisme religieux semble être la norme.

Mosquée (Niamone) © Alexander Cobbinah 2009

Catholicisme                                            “Sentier des ancêtres”

© Alexander Cobbinah 2011

Lieu sacré (Agnack) © Alexander Cobbinah 2011

Entrée du bois sacré (Niamone) © Friederike Lüpke 2008

Funerailles (Djibonker) © Alexander Cobbinah 2010

Problématique des origines et de l’histoire du peuplement des Baïnounk Gubëeher

L’histoire des Baïnounk Gubëeher fait l’objet de plusieurs versions. Les traditions recueillies ne s’accordent pas sur leur origine et l’identité de la famille la plus anciennement établie dans leur actuelle zone de Djibonker. Certaines sources font venir tous les Baïnounk de l’Est, particulièrement du Kaabu (un territoire qu’ils contrôlaient avant que les Manding en fassent un royaume à partir du XVIe siècle). D’autres sources soutiennent qu’ils viendraient de Jegui en Guinée Bissau. Pendant leurs migrations, certains se sont retrouvés en Basse Casamance et d’autres en Moyenne Casamance. C’est ainsi que les Gubëeher se seraient fixés à Djibonker.

En ce qui concerne leur histoire du peuplement, deux familles sont citées : (1) celle des Coly pour laquelle peu de données existent pour le moment et (2) celle des Sagna qui serait la première à s’installer à Djibonker. Au sein de cette dernière famille (Sagna), deux versions sont également notées. Pour la première, il semblerait que le fondateur du village habitait à Jibëexer et dirigeait la royauté des pluies. La seconde version attribue l’antériorité à un certain Djikouk Sagna qui serait le deuxième chef de village avant sa scission en 1952 en deux grands quartiers : Ireng et Adeng.

Quel que soit le cas, les traditions locales affirment que pour revendiquer l’ancienneté de l’occupation de l’actuel village de Djibonker, il faut réunir les trois conditions suivantes: sindiin ‘mare’, buhub ‘cimetière’ et ësiin ‘lieu sacré’. Ces trois lieux sacrés existent toujours à Djibonker et sont attribuées à la première famille Sagna. C’est leur premier emplacement qui fait actuellement l’objet de fouilles archéologiques.